LES PESTICIDES ET NOUS

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1. LES DOUZE SALOPARDS DE LA BOUFFE

On commence cette semaine avec la liste des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides aux États-Unis, telle que rédigée par l’Environment Working Group, surnommée affectueusement « Les Douze Salopards ». Le podium en 2021 : les fraises, suivies de près des épinards et du kale, qui est pour une première fois ex aequo avec les autres légumes-feuilles.

En effet, un total de 94 pesticides différents ont été trouvés sur les légumes-feuilles, y compris les néonicotinoïdes, cette classe d’insecticides qui agissent sur le système nerveux de certains insectes, surtout les abeilles.

En gros, les tests du Département de l’agriculture américaine (USDA) ont décelé des résidus de pesticides chimiques potentiellement nocifs sur près de 70 % des produits frais conventionnels (non biologiques) vendus aux États-Unis. Et avant de tester les fruits et légumes, sachez que l’USDA les lave, les frotte et les épluche, comme nous le faisons tous assidument à la maison (riiiight).
Sans surprise, le EWG presse « les consommateurs qui s’inquiètent de leur consommation de pesticides à envisager, si possible, d’acheter des versions biologiques des aliments qui se trouvent sur notre liste ».
De l’autre côté du spectre, on retrouve aussi les « 15 propres », soit les aliments les moins contaminés. Le top 3 des immaculés : les avocats, le maïs et les ananas.
Si vous pensez que toute cette contamination chimique est un problème uniquement réservé à l’agriculture débridée de nos voisins du sud, on profite de l’occasion pour faire un petit survol de ce qui se passe chez nous. Voyons voir…

2. PETIT SUIVI SUR LES PESTICIDES 

Chez nous, la dernière analyse du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), en 2018-2019, sur 18 types d'aliments révélait que « des résidus de pesticides ont été observés dans 74 % des échantillons, soit dans 496 des 668 échantillons analysés. Au total, toutes provenances confondues, ce sont 107 résidus de pesticides différents qui ont été observés dans 1868 résultats d’analyse positifs.». Donc, disons que quand on se compare aux États-Unis, on ne se console pas tellement.

Le rapport souligne quand même « qu’un excellent taux de conformité global de 97 % a été observé » parce qu’il faut se rappeler que dans les pesticides, tout est dans le dosage — même si idéalement, un peu comme les taxes, la fumée de cigarette et les films avec Adam Sandler, on aimerait toujours les éviter.

En novembre 2015, Radio-Canada rapportait que Québec avait carrément perdu le contrôle des pesticides et que leur utilisation atteignait des niveaux records. Pourquoi ? Depuis 1990, il appert que le ministère de l’Agriculture s’est discrètement retiré de son rôle-conseil auprès des cultivateurs et laisse plutôt cette besogne… aux compagnies qui vendent des pesticides. Tous ensemble : « Ben là… » L’agronome Louis Robert avait justement souligné cette incohérence (restons polis) pour ensuite être viré en janvier 2019. Puis après une belle crise médiatique comme on les aime au Québec, il a été réintégré dans ses fonctions.

Pris de court, le gouvernement québécois a donc dû se pencher sur l’épineux dossier des pesticides, et a mis sur pied une commission parlementaire au nom de super-vilain de films de James Bond — la CAPERN —, la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles. Après avoir reçu près de 800 recommandations et 76 rapports provenant de différents groupes, coup de théâtre : certains membres de la commission veulent des recommandations concrètes, pendant que les élus caquistes du groupe penchent plutôt pour des « conclusions et observations », ce qui soulève la question existentielle : on fait tout ça pour quoi au juste ? Après une autre chicane médiatique, on se ravise. Il y aura finalement 32 recommandations… qui sont plutôt faibles, et qui ressemblent, en fait, à une liste de voeux pieux. Comme nous le soulignait Louise Hénault-Ethier, chef des projets scientifiques avec la Fondation David Suzuki : « La première recommandation mentionne de prioriser la lutte aux pesticides. C’est déjà l’objectif de la stratégie du ministère de l’Environnement et du MAPAQ, donc je ne sais pas ce que cela apporte de nouveau. »

Puis, le 6 juin 2020, une pluie d’abeilles s’abat sur la Montérégie et un apiculteur perd 600 ruches. La raison, on présume, est reliée aux pesticides. Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne annonce en entrevue qu’il y a aura enquête. (Note : On a envoyé un courriel au ministère la semaine dernière pour avoir les résultats de l’enquête. On vous tient au courant.)

Finalement, l’automne dernier, le même ministre de l’Agriculture présente enfin son Plan d’agriculture durable pour les 10 prochaines années. On y aborde notamment le dossier des pesticides avec du concret. Voyons voir.

3. LE PLAN 

Le Plan, qui a été présenté aux médias le 22 octobre dernier, s’est donné les moyens pour réussir, avec 25 millions $ par année pendant cinq ans — ou 125 millions $ sur 5 ans, cela fait plus gros et beau  — dont 70 millions $ pour rétribuer les agriculteurs qui adopteront de meilleures pratiques et réduiront leur utilisation de pesticides. Autrement dit, on veut encourager/récompenser les comportements positifs, soit la méthode « carotte » — pour utiliser un terme technique.

Mais en décodant les propos du ministre, une chose apparaît assez claire : les pesticides sont là pour de bon. Car malgré les dangers connus de certains produits comme le glyphosate (pour lequel la compagnie Bayer s’apprêterait à débourser une somme controversée de 2 milliards pour tenter de freiner les poursuites) ou les néonicotinoïdes qui déciment les abeilles partout sur le globe, quelques mois après l’annonce du plan, le ministre mentionnait en entrevue à La Presse que penser que les pesticides disparaîtront demain matin relève « d’Alice au pays des Merveilles… Ce qui est important, c’est de mettre en place un environnement qui va faire en sorte que les comportements vont changer ».

OK. On veut bien. Mais est-ce que cela relève du génie d’Aladin que de souhaiter que notre gouvernement nous protège et prenne ses responsabilités rapidement pour au moins encadrer et conseiller l’utilisation des pesticides sur nos terres, au lieu de laisser cela à l’industrie agrochimique ?

Lors de l’annonce, le ministre a plutôt déclaré qu’on allait réaffecter 75 agronomes sur le terrain et revoir la Loi sur les agronomes, mandat qu’il a confié à sa collègue Danielle McCann — ce qui veut dire, encore des délais. Comme le mentionnait Thibault Rehn de l’organisme Vigilance OGM en entrevue à La Presse : « Ça fait longtemps que prescription et vente sont séparées dans le domaine de la médecine. En 2020, pourquoi attend-on encore ? »

Pendant qu’on tergiverse d’un côté, le ministre du Travail Jean Boulet s’apprête cette semaine à modifier la loi 59  pour moderniser le régime de santé et de sécurité du travail, afin de reconnaître la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle. Pourquoi? Pour dédommager les agriculteurs, agronomes ou travailleurs qui sont victimes des pesticides. En effet, selon une professeure de santé environnementale de l'Université de Montréal, les personnes exposées aux pesticides pendant plusieurs années augmentent leur risque de 70 % de développer la maladie de Parkinson.

Lorsqu’on a demandé au ministère de l’Enseignement supérieur où on en était avec la révision de la Loi sur les agronomes, la réponse par courriel fut assez éloquente : « À ce sujet, il est difficile pour le moment de déterminer un échéancier, mais nous vous invitons à suivre l’actualité en la matière. » Traduction libre : « Don’t call us, we’ll call you. »

4. DES MESURES CONCRÈTES DANS LES CHAMPS … MAIS PAS AVANT 2022

Lors de l’événement de presse, on s’est aussi beaucoup vanté des mesures concrètes que proposait Le Plan, notamment au niveau de la recherche. Mais lorsque les journalistes ont commencé à poser des questions un peu plus — euh — concrètes du genre : Avez-vous des exemples de mesures incitatives pour inciter les agriculteurs à utiliser moins de pesticides ? Est-ce qu’il y aura un maximum que chaque ferme pourra recevoir de ces 70 millions ?, on a eu droit à un flou artistique assez impressionnant. « … Le combien par ferme, par producteur et tout ça — honnêtement, cela va être au cours des prochains mois qu’on va être en mesure de jauger et de décider tout cela. »

Un peu perplexe, la journaliste a osé pousser un peu plus loin, pour connaître les détails du Plan : « Par exemple, une réduction de 10 % de pesticides donnerait un 50 $ par hectare, est-ce que c’est vers ça qu’on s’enligne ? »

On vous laisse regarder l’échange :

Traduction libre : On a l’argent, mais on ne sait pas encore comment cela va se traduire dans le champ. Du moins, pas avant 2022.

Coïncidence ou non, le journaliste Thomas Gerbet de Radio-Canada a aussi déploré avoir reçu le fameux Plan à 14 h 10 alors que la conférence de presse était à 14 h, ce qui supposait que les journalistes devaient trouver une faille dans la courbe spatio-temporelle pour pouvoir prendre connaissance du Plan avant l’événement.

D’ici 10 ans, Le Plan veut aussi diminuer de 15 % les pesticides vendus au Québec par rapport à la moyenne de 2006-2008, soit une réduction immense de 500 000 kg. Mais le mot clef ici est « vendus ».
Car en consultant les plus récentes données disponibles, Radio-Canada dévoilait un mois plus tard que les ventes de pesticides au Québec avaient déjà mystérieusement diminué de 662 000 kilos depuis la période de référence. Donc, c’est déjà mission accomplie… avant même de commencer ? Nadine Bachand, analyste d’Équiterre avait même déclaré : « Si on se fie à 2018, on n’a pas besoin d’avancer. » Pourquoi cette baisse de ventes soudaine dans les stats ? Des agriculteurs québécois se seraient approvisionnés en pesticides en Ontario et sur le web en 2018… et les ventes n’apparaissent donc pas dans les données de Québec.

5. LES QUÉBÉCOIS SONT PRÊTS À PAYER

Et pendant qu’on doit encore attendre deux ans pour voir des nouvelles pratiques à grande échelle dans nos champs, les Québécois, eux, disent qu’ils sont prêts à payer sur le champ pour du changement.
En effet, une étude publiée au début du mois de mars dans la revue scientifique Ecological Economics révélait que les Québécois étaient prêts à payer 100 $ par année pour aider les agriculteurs à diminuer leur utilisation de pesticides.

Et la préoccupation des Québécois pour les pesticides est 10 fois supérieure à celle de la protection des milieux humides, ce qui prouve qu’on est toujours plus incliné à se mobiliser contre quelque chose qui peut nous tuer.

On le sait, un petit brun ne va pas aussi loin qu’avant, mais une fois extrapolé à l’échelle de la population, c’est donc dire que les Québécois seraient prêts à investir une somme de 176 millions $ en un an pour aider nos agriculteurs, soit plus que la totalité du Plan — et juste pour contrecarrer les pesticides.

On sait que le virage qu’on tente de prendre au ministère est colossal, et que même les agriculteurs les plus attentionnés sont pris dans un engrenage complexe. Et on sait qu’on veut agir. Mais quand on joue avec les chiffres, quand on présente un plan qui a certes de l’ambition, mais qui a aucune nouvelle initiative concrète à proposer dans l’immédiat, quand on demande de réviser une loi au lieu de changer des pratiques douteuses qui sont déjà connues, et quand on a des citoyens qui sont prêts à payer, mais qu’on est incapable de livrer, on n’a beau avoir toutes les réponses et les compétences, il semble manquer un élément important.

L’urgence.

Textes et montage : Stephane Banfi

(Publié le 29/03/2021)

MICROPOUSSES

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On ne vous demande pas si vous êtes tannés de la pandémie. Du couvre-feu. Et du masque bleu qui vous gruge le derrière des oreilles constamment comme un Speedo trop moulant. Malheureusement, on n’a pas de remède instantané à vous proposer pour tout cela. Par contre, si en cette dernière semaine de février, vous commencez déjà à être parfaitement écœurés de l’hiver, alors cette semaine, on vous propose un petit guide facile, en attendant le printemps, qui vous explique comment faire pousser vos propres micropousses. On le sait, ce n’est pas la même chose que de plonger ses mains dans la belle terre humide du mois de mai. Mais c’est toujours mieux que de pelleter. Ou que de boire du bourbon en regardant la neige fondre, les yeux vitreux et le regard éteint, le front pressé contre la fenêtre givrée du salon.

ENTENDONS-NOUS SUR LA TERMINOLOGIE :

Les micropousses
Des plants minuscules, qui nécessitent un terreau (mais pas trop) et qu’on récolte en coupant à la base. Et cela tombe bien, c’est le sujet de ce dossier.

Les graines germées ou germinations
Les graines germées sont des semences qui commencent à peine à pousser, et qui se cultivent facilement dans des pots de verre, tout simplement en les rinçant deux ou trois fois par jour avec de l’eau. Quand la plante se pointe, et que les petites feuilles commencent à pousser, on les mange au complet. Comme pour le jardinage et le mariage, la clef du succès est de maintenir un bon degré d’humidité. L’avantage des graines germées : elles n’ont pas besoin de terre et on n’a pas vraiment besoin de les récolter puisqu’on mange tout au complet (graines et plant).

Les bébés verdures
On les appelle affectueusement des « baby greens » en anglais. Ce sont des petites feuilles de pousses, du genre épinard, roquette, toutes cutes, qu’on cultive plus rapidement, d’habitude à l’extérieur, ou dans un sous-sol de riche.

POURQUOI VOUS DEVRIEZ EN MANGER

Elles sont belles, délicates et décoratives, mais ne vous laissez surtout pas berner : ces petites pousses supposément fragiles sont remplies à craquer de nutriments, à des concentrations ridicules. Plusieurs études démontrent clairement que les micropousses sont particulièrement riches en antioxydants et autres composés bénéfiques pour la santé, des fois à des degrés même plus élevés que le plant à pleine maturité.

Puis, il y a évidemment le goût :

- Le goût sucré et de noisette du tournesol
- La micropousse de carotte qui goûte étonnement… la carotte
- Le radis qui est piquant

Et ainsi de suite. Les possibilités sont vraiment infinies.

VOUS N’AUREZ PAS BESOIN DE GRAND-CHOSE 

pot
terreau
graines

Un petit contenant avec des trous en dessous. On a utilisé une barquette à champignons. Cela aurait pu être un gros pot de yogourt. Mais on n’aime pas le yogourt.

Un mélange de terreau pour empotage. Attention : pas une couple de pelletés de terre de votre cour arrière qui n’est pas gelée, en dessous du balcon, ni une chaudière de compost maison sous votre évier de cuisine, savamment mélangé avec un peu de litière de Bella, votre chatte haïssable et impétueuse qui, malgré tous vos efforts, vous réveille toujours à 4 h 17 chaque maudit matin afin de hurler au drame pour a-b-s-o-l-u-m-e-n-t- rien. Bref. Un terreau.

Des graines, du genre : tournesol, chia, roquette, pois, luzerne, brocoli — ce n’est vraiment pas le choix qui manque et vous y allez selon vos goûts. Une note importante toutefois : plus la graine est grosse, plus il est préférable de la faire tremper la veille (insérer votre blague grivoise ici). Donc, par exemple, on laissera les graines de tournesol ou de pois tremper dans un pouce d’eau pendant 8 à 12 heures la veille, avant de les mettre en sol. Juste pour les aider un peu.

bottle

Une bouteille pour vaporiser (de type « spray », pour utiliser le terme technique). Celle que vous utilisiez pour réveiller votre jeune frère au lit le matin, de façon hilarante, fera très bien l’affaire. Mais de préférence, assurez-vous qu’il n’y ait plus de Windex dedans.

Quelque chose pour couvrir les pousses (morceau de carton, couvercle en plastique, disque de Michèle Richard) pour les encourager à germer dans la noirceur.

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Une source de lumière. Cela peut être un néon fluorescent ou une lampe DEL pour plantes. Une fenêtre. On vous avise tout de suite, n’essayez pas avec la lumière dans le frigo. Elle s’éteint quand la porte se ferme. Apparemment.

COMMENT ON FAIT 

On prend un récipient en plastique et on perce délicatement des trous en dessous.

Mélangez le terreau avec un peu d’eau dans un autre récipient. Il absorbera l’eau plus facilement. Puisqu'on vous le dit.

On ajoute le terreau humide dans le récipient.

On couvre de graines. Allez-y, faites-vous plaisir. Mais essayez quand même de ne pas trop les chevaucher comme nous. Faites-vous un petit café, s'il le faut.

Asperger généreusement avec votre bouteille.

Les recouvrir.

Quand cela commence à germer, vous pouvez les découvrir.

Continuer d’arroser jusqu’à ce que cela vous émeuve profondément. Après 10 ou 15 jours, récolter en taillant au ras du sol et dévorer.

SIX RÉSOLUTIONS ALIMENTAIRES POUR L’ANNÉE

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On en fait chaque année. Mais tout comme le confinement et la distanciation, on a visiblement de la misère à les respecter. Cette semaine aux Explorateurs culinaires, on sait pertinemment que la situation n’a rien de comique et que notre aventure collective se poursuit, mais pour essayer de commencer l’année du bon pied — si c’est encore possible — on vous propose six résolutions alimentaires, simples et efficaces. Que vous soyez végan, végé, omnivore ou tout simplement tanné, elles ont le pouvoir de changer votre vie. Bonne année quand même.

6 RÉSOLUTIONS POUR LA NOUVELLE ANNÉE

Bon, on ne vous annonce rien de fracassant avec ça, mais quand on lit que qu'il y a 1,7 million d'adultes obèses au Québec et que l'obésité et l'embonpoint touchent plus de 4 millions de Québécois, on se dit qu’on mange peut-être collectivement trop. Mais en plus de la quantité, il y a aussi la nécessité. Exemple : vous vous levez le matin et vous n’avez pas vraiment faim. Pourquoi déjeuner alors ? Parce qu’on ne peut sauter « le repas le plus important de la journée » ? Justement, quand on sait que l’importance capitale du petit déjeuner a été mise de l’avant par des scientifiques à la solde de Kellogg’s, on devrait peut-être moins prendre conseil d’une compagnie qui a comme porte-parole un tigre qui parle, et plus écouter notre for intérieur. Bref, mangez quand vous avez faim, et si vous n’avez pas faim, ne mangez rien. Mais on le sait, ce n’est pas si facile. Après tout, on est censé boire seulement quand on a soif et pourtant, la Société des alcools du Québec a engrangé un profit net de1,226 milliard $ en 2020. Et il n’y a pas eu de sécheresse pour autant.

Si autrefois on avait l’excuse du déplacement, du trafic, de ne pas trop savoir où aller pour s’approvisionner en légumes directement où ils poussent (quel concept), aujourd’hui la ferme québécoise est accessible à longueur d’année, dans la paume de votre main. En effet, on peut facilement soutenir nos agriculteurs en tout temps, acheter des beaux légumes frais — et aider le ministre de l’Agriculture André Lamontagne à faire croître l’autonomie alimentaire du Québec de 10 % au cours des prochaines années — avec quelques clics. Par exemple, il y a les fermes Lufa, qui font pousser une multitude de légumes frais et délicieux sur les toits de Montréal, en plus d’offrir une vaste gamme de produits de plusieurs producteurs. Vous commandez en ligne, choisissez le point de chute le plus près de chez vous… et c’est tout. Si vous préférez votre ferme moins en hauteur, il y a aussi la Coop Bio Locaux, qui est un regroupement de fermes québécoises qui offrent, sans intermédiaire, les meilleurs produits de leur terre 100 % biologiques et locaux, été comme hiver. Non seulement vous serez abasourdi par la richesse du goût des aliments (ce qui est franchement inquiétant, quand vous y pensez bien), mais vous y découvrirez des légumes plus méconnus comme la rabiole, la chicorée pain de sucre ou encore le rutabaga qui, incidemment, est aussi très prisé au Scrabble.

Dans la vie mouvementée de la prépandémie, manger était trop souvent l’équivalent de mettre du carburant dans son véhicule ; on faisait le plein, le plus rapidement possible (de préférence sans plomb), sans trop y penser, en fixant son regard ailleurs, en essayant de ne pas trop faire de dégâts. Ce qui est d’une tristesse absolue, surtout quand on pense à l’importance capitale que l’alimentation revêt dans nos vies et que, pendant ce temps, 820 millions de personnes ne mangent toujours pas à leur faim. Bref, maintenant qu’on a le temps, est-ce qu’on peut se rappeler que manger est à la fois une nécessité et un privilège ? Manger consciemment, c’est-à-dire prêter attention à notre nourriture à chaque moment, de sa préparation à sa dégustation, pour l’apprécier pleinement — ce qu’on appelle en anglais le mindful eating, est une prise de conscience de l’expérience unique et vitale qu’est celle de se nourrir. Cela n’a rien à voir avec les calories, les glucides, les lipides ou les protéines. Et cela n’a rien à voir avec avaler sa salade machinalement en faisant défiler son fil Facebook.

On aura le temps d’en reparler plus tard cette année, mais on le mentionne quand même d’entrée de jeu, question de vous préparer. Pour bien des gens, faire ses propres conserves demeure un exercice alchimique intimidant. Erreur. La réalité, c’est que c’est plutôt niaiseux. Et franchement délicieux. Alors, prenez donc un weekend cette année (ou sept, si vous êtes Italien) pour faire vos betteraves ou cornichons ; on vous confirme que c’est nettement plus valorisant que d’écouter les conférences de presse de la Santé publique à répétition. Et mieux pour votre santé mentale.

Quelques bonnes raisons, en vrac, pour passer au vrac ? Le prix. La qualité des produits. La variété. La disponibilité. La simplicité. L’élimination monstre d’emballage inutile. Ne plus devoir payer une marge ridicule pour une « marque ». La possibilité d’acheter la quantité qu’on veut. La logique de la chose. Bref, s’il y avait un temps propice pour amorcer ce virage avec un grand V, les conditions gagnantes sont réunies avec cette pandémie. Quelques suggestions pour vous bâtir un bunker alimentaire dans votre sous-sol : il y a la Coop NouRire qui a des points de chute dans plusieurs endroits au Québec, les épiceries Loco qui sont maintenant à quatre endroits à Montréal en plus d’être en ligne, et il y a évidemment le Bulk Barn.

Si la bouffe était un jeu de Monopoly, les pâtes seraient les « Passez Go / Réclamez 200 $ » de tous nos repas (et les pogos « Allez directement en prison »). Lorsqu’on est mal pris, et qu’on dispose de peu de temps, un bon plat de pâtes est vraiment une façon infaillible et nourrissante d’alimenter la tribu et, surtout, de limiter le chialage. Mais maintenant qu’on a du temps, si on se donnait comme mandat cette année de mettre la main à la pâte un peu plus souvent ? Surtout qu’on se cherche justement des activités familiales, autres que le Monopoly. Mais on vous avertit, manger des pâtes maison c’est comme une télé de 85 pouces UHD, un massage de pieds ou la lasagne de Mme Bellucci — une fois que vous avez essayé, impossible de revenir en arrière.

(Publié le 11/01/2021)

L’AVENIR DE L’ALIMENTATION

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On a beau penser que tout reviendra à la normale sous peu, la vérité est que nous allons tous, consciemment ou pas, nous ajuster et nous adapter à cette nouvelle réalité qui nous afflige. Le serrage de main est désormais chose du passé. Les partys raves, on le soupçonne, auront de moins en moins la cote chez nos jeunes. Et le masque est devenu l’équivalent du chapeau gris des années 50 — on devra le porter pour se faire respecter. Mais au-delà de ces nouveaux réflexes, le monde de l'alimentation qui nous entoure change aussi, plus aseptisé, certes, mais aussi revu et repensé en raison de la bibitte qui refuse de nous quitter. Cette semaine aux Explorateurs culinaires, on se permet de puiser dans un excellent récent article du Washington Post de Cara Rosembloom pour vous résumer les cinq choses qui risquent de changer dans le monde de l’alimentation dans un avenir rapproché, selon des experts consultés.

5 CHOSES QUI RISQUENT DE CHANGER DANS
LE MONDE DE L'ALIMENTATION 

Des « innovations » comme les biscuits Oreo à la guimauve ou les cretons de hareng devront attendre, car la priorité numéro un des compagnies alimentaires n’est pas de créer de nouveaux produits mais plutôt d’être plus efficaces. Avant tout en solidifiant la chaîne de distribution qui a connu des moments précaires durant la pandémie, afin d’éviter les pénuries et le stress chez les consommateurs. Qu’est-ce que cela veut dire pour nous concrètement ? Premièrement, moins de choix. Par exemple, une compagnie de soupe qu’on ne nommera pas (mais qui rime probablement avec « Randall ») a choisi de réduire sa palette de produits de moitié, passant de 80 à 40 saveurs de soupes. Aussi, pour éliminer les intermédiaires et limiter les inconvénients, certaines compagnies ont même passé des commandes directement aux agriculteurs pour garantir la qualité, la disponibilité et la livraison de certains produits. Bref, on veut faire mieux avec moins, et on veut éviter les ratés, ce qui est souhaitable, surtout qu’on s’interroge vraiment sur la pertinence d’avoir de la Heinz MayoChup Saucy Sauce sur nos étagères — pandémie ou non.

Avant la pandémie, tous les supermarchés avaient déjà pris un virage en ligne mais sans trop d’attentes, puisqu’à peine 19 % des Canadiens effectuaient leurs achats alimentaires avec une souris à ce moment-là. Puis, est arrivée la pandémie et la proportion a plus que doublé, et tous les promoteurs de l'épicerie en ligne sont passés pour des prophètes ou génies. Mais si l’avenir du supermarché a déjà commencé à se transformer, notamment avec Amazon qui offre une expérience d’achat sans caisses, ou encore des paniers intelligents chez Sobeys, la métamorphose pourrait aller encore plus loin, alors que les consommateurs veulent passer moins de temps en magasin (pandémie oblige), mais tiennent toujours à voir et tâter leurs produits frais avant de les acheter. On envisage donc un supermarché hybride, divisé en deux sections : l’arrière servirait à préparer votre commande de produits non périssables pendant qu’à l’avant, dans un espace plus aéré, vous aurez une vaste gamme de produits frais que vous pourrez zyeuter et manipuler en toute quiétude et distanciation, avec un petit air de Vivaldi à l’appui (pourquoi pas ?). Conséquence : le temps pour faire l’épicerie pourrait passer de 22 minutes à 10 minutes, ce qui réduirait aussi votre niveau de stress parmi tous ces étrangers possiblement vecteurs de contagion.

Une chose que la pandémie semble avoir décuplée, c’est ce désir de connaître d’où proviennent nos aliments (surtout les chauves-souris). Les compagnies alimentaires emboîtent le pas, en mettant de l’avant les producteurs auxquels ils sont associés, identifiant de plus en plus la provenance précise des aliments, même dans les repas surgelés. Dans certaines fermes, on installe aussi des caméras vidéos en continu pour montrer que les animaux sont bien traités. Ne reste plus qu’à en mettre dans les abattoirs, et le monde entier virerait végé du jour au lendemain.

La popularité des produits à base de plantes est indéniable et n’est plus qu’une simple mode passagère. Selon Nielsen, les ventes de substituts de lait ont augmenté de 19 % au cours de la dernière année et les ventes de viandes à base de plantes ont augmenté de 46 %. À mesure que toutes les études démontrent les bienfaits d’une alimentation végée — et les dangers pour la santé et la planète des produits animaliers — on peut s’attendre à encore plus de variété dans ce genre de produits sur nos tablettes, de même qu’à une baisse de prix. C’est déjà commencé alors que Impossible Foods annonçait en début d’année une réduction de 15 % sur le prix de ses produits. Et vu l’engouement pour ce genre de substitut, les compagnies alimentaires planchent sur une panoplie de différents faux aliments. Par exemple, la compagnie Just Eggs débarque au Canada en 2021, dans les Wal-Mart et Whole Foods, avec son produit phare pour remplacer les oeufs. Pendant ce temps, Nestlé se lance dans du faux thon à base de pois et de blé, que la compagnie a baptisé le « Vuna ». On est rendu là.

Finalement, dans la catégorie « n’importe quoi », on dénote quand même une tendance pour de nouveaux produits qu’on dit « fonctionnels » ou même « intelligents » ; c’est-à-dire des produits qui contiennent des nutriments spécifiques qui posséderaient des (supposés) propriétés bénéfiques. Une boisson qui favorise l’immunité (coïncidence). Ou encore, des produits à base de champignons qui augmenteraient la concentration (on se serait attendu à quelque chose de différent avec des champignons. Mais bon). Suivant le pas, en septembre dernier, Pepsi lançait le « Driftwell », une boisson thérapeutique à base de L-théanine, qui favorise supposément le calme, la concentration et le sommeil. Bref, attendez-vous à un peu de tout : des kombuchas spikés, des boissons probiotiques et des barres-collations adaptogènes, qui aident à composer avec le stress — prouvant hors de tout doute qu’on ne sait plus vraiment quoi faire ou inventer pour faire de l’argent.

(Publié le 25/01/2021)

LES MONSTRES ALIMENTAIRES

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Ils sont gigantesques. Ils ont un impact effroyable sur nos vies. Et la terre tremble à chaque geste qu’ils posent. Cette semaine, pour souligner l’Halloween, notre chevronné (et tout aussi chauve) correspondant culinaire Stephane Banfi vous propose un dossier spécial sur ces monstres de l’alimentation qui ont une emprise tentaculaire sur notre planète, et dont les produits se retrouvent aux quatre coins du globe. Leur taille dépasse l’imagination et même si on a beau critiquer à la fois les produits qu’ils proposent ou leurs tactiques, il en demeure pas moins que nous sommes tous, à quelque part, responsables de nourrir la bête, en consommant leurs produits avec une voracité incommensurable. Afin de mieux comprendre leur origine et leur portée, on vous propose donc de plonger dans le ventre de la bête. Mais on vous prévient, vous n’aimerez peut-être pas ce que vous allez y trouver.

LES MONSTRES 

ZOOM SUR LA BETTERAVE

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On a tous vécu ce moment de panique intense. 4 h 17 du matin. Dans la salle de bain. Mi-endormi, on s’apprête à tirer la chaîne pour retourner au lit quand on aperçoit une couleur suspecte et écarlate dans le bol. Horreur. Anxiété. Un cancer ? Un rein perforé ? Et puis, soudainement, cela nous revient. Soupir et soulagement. LES BETTERAVES. Question de faire le point sur ce légume qui peut nous en faire voir de toutes les couleurs, on vous propose un petit zoom sur les betteraves.

ON AIMAIT LES BETTERAVES DANS L’ANTIQUITÉ 

Mais pas nécessairement pour leur goût. En effet, en plus de les retrouver dans les jardins suspendus de Babylone, on a aussi découvert des fresques de betteraves sur les murs d’un bordel de la ville antique de Pompéi qui, on le rappelle, a vécu une version accélérée du réchauffement climatique quand l’éruption du Vésuve, un après-midi paisible d’août 79, a craché cent mille fois l’énergie thermique du bombardement d’Hiroshima et a enseveli la ville et ses habitants sous un nuage dévastateur de feu, de lave et de cendres.

Les betteraves, donc, après excavations, occupaient une place de choix sur les murs du bordel de Lupanar, car elles étaient convoitées pour leurs pouvoirs aphrodisiaques. On s’est surement approprié cette croyance de la mythologie grecque, puisqu’Aphrodite, la déesse de l’amour, mangeait également des betteraves pour se rendre plus belle et désirable, prouvant encore une fois que les Romains, en plus d'être doués pour des orgies, étaient aussi d’excellents copieurs.

On peut certes rire de tout cela aujourd’hui, mais, après vérification, la science nous démontre que les betteraves sont une source naturelle de tryptophane et de bétaïne, deux substances qui favorisent une sensation de bien-être. Elles contiennent également de grandes quantités de bore, un oligo-élément qui augmente le niveau d’hormones sexuelles dans le corps humain, prouvant que les Romains (et les Grecs) n’étaient peut-être pas si fous que cela après tout.

ELLES SONT MÊME RAYÉES

On connaît les betteraves rouges. Les jaunes ou orange. Il y en a également des blanches. Mais tenez-vous bien, dans la catégorie WTF il en existe aussi des… rayées. En effet, les betteraves de la variété Chioggia, qui portent le nom d’une petite ville côtière d’Italie située à 50 km au sud de Venise d’où elles proviennent, ont ceci de particulier : lorsqu’on les coupe, elles révèlent un merveilleux motif rayé rose et blanc à l’intérieur qui impressionnera même les daltoniens. Cette betterave était à ce point appréciée qu’on la surnommait « l’herbe des Doges », qui étaient autrefois les seigneurs de la république de Venise. Mais il est préférable de savourer la betterave Chioggia crue car une fois cuite, elle perdra son motif psychédélique est deviendra rose, ce qui n’est quand même pas rien, mais nettement moins tape-à-l’oeil. Et finalement, pour ceux qui veulent scorer encore plus fort et ne pas trop faire rire d’eux, prière de noter que Chioggia se prononce KI-O’-JIA. En effet, tout comme dans « gnocchi », « Chiara » et « che cazzo? », le « ch » se prononce comme un « K » en italien.

ELLES SE MANGENT DE PLUSIEURS FAÇONS

Étrangement, la betterave était avant tout cultivée pour ses feuilles, ce qui n’est pas surprenant, car elle est de la même famille que la bette à carde. Ce n’est qu’en 1542 qu’on commence à cultiver et savourer son bulbe, en Allemagne ou en Italie. Mais même si le petit goût terreux de la betterave ne plaît pas à tous — notamment au couple présidentiel Barack et Michelle Obama qui a refusé d’en faire pousser dans le jardin bio de la Maison-Blanche — il reste que son goût sucré et sa polyvalence en font un légume de choix.

« On peut les rôtir au four, les manger crues en salade et même les faire cuire en robe de champs, comme une patate au four, elles sont excellentes sous toutes leurs formes », nous explique notre chef Patrice Gosselin, avec une exubérance un peu suspecte. « J’aime aussi les betteraves pour leur saveur particulière, leur couleur et leur pouvoir de conservation. On les achète, on les oublie et — pouf — on se dit qu’on doit les cuisiner et elles sont encore belles. »

Pour ce qui est de la difficulté à les éplucher, notre chef chaman nous livre son secret infaillible : « Une fois bien cuites, les mettre dans un lavabo rempli d’eau et frottez-les vigoureusement entre vos mains. Magie. »

C'EST UN SUPERALIMENT SOUS-ESTIMÉ

Un peu comme pour Elvis, Cher et Passe-Carreau, on reconnait les superaliments par leur nom singulièrement exotique. Kale. Curcuma. Chia. Tellement qu’on néglige souvent la betterave, par exemple, qui demeure pour plusieurs un gros bulbe sanguinaire et salissant, difficile à éplucher. Et pourtant cette belle racine qui, comme on l’a vu, se présente sous différentes couleurs et variétés, offre des bénéfices incroyables pour la santé.

+ Primo, elle contient une panoplie de vitamines et demeure un des légumes qui ont le meilleur pouvoir antioxydant pour prévenir le cancer. Une étude a même démontré que la consommation de bétanine, un des pigments donnant à la betterave sa couleur, diminuait l’apparition de cancers de la peau, du foie et du poumon.

+ D’autres études démontrent aussi que le jus de betterave peut abaisser l’hypertension artérielle, en raison de sa teneur élevée en nitrates. Le nitrate est transformé par un enzyme en oxyde nitrique, ce qui détend les vaisseaux sanguins. Le jus de betterave peut entraîner des baisses de la pression systolique et diastolique à des taux plus élevés que certains médicaments.

  • + Et justement à cause de ces nitrates, la betterave aiderait aussi à améliorer les performances sportives, surtout côté endurance, faisant d’elle possiblement une nouvelle « drogue » pour les sportifs.

Et au cas où on l’utiliserait pour tricher dans un sport, elle a ceci de pratique : elle est plutôt facile à détecter dans l’urine.

LES BETTERAVES SERVENT AUSSI À D'AUTRES CHOSES. VRAIMENT. 

La place de la betterave ne se limite pas à l’assiette. Par exemple :

+ La betterave sucrière (ou la betterave à sucre), qui est plus longue, blanche et sucrée, est utilisée pour 20 % de la production mondiale de sucre, le reste étant fait à base de canne à sucre. Sachant qu’il faut 50 kg de betteraves sucrières pour faire 2,5 kg de sucre et qu’il se produit 250 millions de tonnes de sucre de betterave par année, et que tout cela représente seulement 20 % de la production mondiale annuelle de sucre, nos statisticiens sont capables de calculer, hors de tout doute, qu’on bouffe vraiment — mais vraiment — beaucoup trop de sucre.
+ À l’époque victorienne, la betterave était utilisée pour donner un peu de couleur à la bouffe plutôt insipide et incolore anglaise (surprise), tradition qui se perpétue aujourd’hui alors que certaines pizzas surgelées utilisent encore de la poudre de betterave pour colorer la sauce tomate. Puisqu’on vous le dit.

+ Dans la catégorie high-tech, la betterave est aussi utilisée dans des panneaux solaires. Une équipe de chercheurs de l’Université de l’État de Washington étudie comment la bétanine, le colorant de la betterave, peut rendre les cellules solaires plus efficaces, performantes et environnementales.

+ Finalement, une fois cuites, vous pouvez vous les frotter partout sur le corps, puis sortir dehors en petite tenue et vous verrez que les gens se tiendront automatiquement à plus de deux mètres de distance. Encore une fois, tous ensemble : Magie.

LES RECETTES DE NOTRE CHEF PATRICE

Notre coloré chef vous propose une recette qui fera rougir vos invités d’envie : un risotto aux betteraves.

Notre chef alchimiste réconcilie les forces obscures de la cuisine en mariant les agrumes et la crème, et vous propose une entrée de verrines de betterave avec crème sure à l’orange.

Avec l’élection présidentielle à nos portes, notre chef patriotique vous propose le bortsch, un genre de minestrone slave qui a toutes les qualités attrayantes pour le président Trump : il est de couleur rougeâtre, il est économique, et surtout — surtout — il est d’origine russe.

(Publié le 18/10/2020)