5 PRODUITS DE CHEZ NOUS QU’ON DEVRAIT AVOIR CHEZ NOUS. TOUT LE TEMPS.

Aux Explorateurs culinaires ce mois-ci, on profite de la Saint-Valentin qui vient tout juste de passer et du flot incessant d’absurdités qui se passent chez nos voisins du Sud pour se recroqueviller sur nous-mêmes et faire appel à notre fibre patriotique – ce qui tombe bien, car justement il appert que nous ne consommons vraiment pas assez de fibres. Avec notre chef Patrice Gosselin, on vous propose donc une petite introspection culinaire qui vise à promouvoir des aliments que nous aimons, que nous admirons et qui sont faits ici. Voici donc cinq produits de chez nous qu’on doit absolument avoir à la maison en tout temps.

LE SIROP D’ÉRABLE 

On va commencer par se dire les vraies affaires : chaque maison, condo, duplex, appartement, cabane ou hutte au Québec devrait avoir sa réserve de sirop d’érable.Point final. Comme le dit si bien notre chef Patrice Gosselin : « Oui, dans un repas de cabane à sucre, on en verse généreusement partout, mais on devrait le faire au quotidien chez nous ! »

En effet, utiliser du sucre quand on peut compter sur un nectar de chez nous aussi fabuleux frise presque la haute trahison. Surtout quand on sait que sur 1,4 million de tonnes de sucre raffiné produit au Canada chaque année, environ 92 % provient de sucre de canne brut importé en vrac d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale.

Donc, en plus de le considérer comme une richesse locale, notre chef le juge carrément indispensable en cuisine, pour son goût, oui, mais aussi pour sa polyvalence.

« Il se prête aussi bien à la confection de desserts qu’à l’accompagnement de vos déjeuners préférés : crêpes, pain doré, brioches, pain perdu ou tout autre plat de votre choix. Je l’utilise également tel un sauveteur pour ajuster et rehausser mes sauces et vinaigrettes. »

Mais soyons clairs : qu’il soit un choix culinaire ou patriotique, n’oublions pas que, malgré sa belle robe ambrée et envoûtante, le sirop d’érable demeure quand même composé de 2/3 de sucrose. Mais où il se distingue vis-à-vis du sucre ordinaire est dans la balance du 33,3%, où l’on retrouve des minéraux, vitamines, ainsi qu’une trolée d’antioxydants et de polyphénols.

À ce sujet, une récente étude de l’Université Laval publiée dans The Journal of Nutrition concluait que « remplacer une partie du sucre raffiné que nous consommons par du sirop d'érable aurait des effets positifs sur certains facteurs de risque associés à la santé cardiométabolique. »

« Donc, n’hésitez pas à employer cet élixir naturel pour sucrer votre café, thé, tisane ou tout autre breuvage, de renchérir notre chef. Dans vos recettes salées sucrées. Dans vos sautés asiatiques. Ou on peut s’en enduire partout sur le corps les nuits de pleine lune. C’est à votre discrétion. Vraiment.»

Suggestion de notre chef : Sirop de la Cabane du Picbois

L’HUILE DE TOURNESOL 

Bon, on ne vous dit pas de complètement délaisser l’huile d’olive qui, on le sait, à des propriétés exceptionnelles tant au niveau de la santé que sur le plan gustatif.

« Mais au lieu d’utiliser une huile industrielle ou fade pour la cuisine de tous les jours, pourquoi ne pas miser sur un autre excellent produit de chez nous ? », se questionne notre chef.

Et en plus, l’huile de tournesol comporte quand même plusieurs avantages non négligeables. C’est une source importante de vitamine E, qui, pour ceux qui gardent le pointage à la maison, est un antioxydant puissant qui protège les cellules contre le stress oxydatif (et on sait pertinemment qu'on a tous un peu trop de stress oxydatif dans nos vies ces temps-ci).

Dans le concret, la vitamine E nous aide notamment à protéger notre peau des dommages causés par les rayonnements ultraviolets. Et l'huile de tournesol est aussi riche en acides gras insaturés qui peuvent aider à réduire votre taux de «mauvais cholestérol» et donc, serait un gros «plus» pour votre cœur.

« C’est aussi une huile assez neutre qui, en plus, résiste bien aux hautes températures, explique notre chef. Un peu comme moi dans un bain sauna finalement. »

Suggestion de notre chef : Huile de tournesol Arôme des champs

LA FLEUR D’AIL 

On ne peut vraiment pas assez vanter les mérites de l’ail : en plus d’être antibactérien, décongestionnant et même un expectorant naturel — comme certains humoristes, d’ailleurs — des études démontrent qu’il peut réduire la pression artérielle, le cholestérol et l’inflammation.

Mais plus que tout, si jamais vous avez eu la chance de planter de l’ail chez vous, il a cette fabuleuse qualité de vous faire croire ENFIN à la fin de l’hiver, car ses tiges verdoyantes sont souvent les premières à vaillamment percer le sol encore enneigé au mois de mars.

Il est donc assez étonnant qu’une plante aussi coriace et déterminée soit capable d’engendrer une fleur à la fois fine et délicate au goût.

« Contrairement à la gousse d’ail, la fleur d’ail possède un goût plus doux, différent, mais quand même très agréable, explique notre chef.  Je l’utilise pour mes sauces, vinaigrettes ou tout autre préparation à l’ail lorsque je me sens paresseux et pressé. Car cela peut arriver. Puisque je vous le dis. »

Si vous avez accès à des fleurs d’ail fraîches dans votre jardin, un rappel : il faut absolument les décapiter afin d'éviter qu’elles durcissent ou qu’elles prennent trop d’envergure.  Cela permettra au plant de se concentrer sur l’autre extrémité, prouvant que des fois, il est bon de perdre la tête pour mieux prendre son pied (ou quelque chose comme ça). Vous pouvez ensuite les mettre dans un robot culinaire avec de l’huile d’olive, un peu de sel, des noix de pin et ajuster la texture à votre goût, en dosant l’huile. Puis, vous n’avez qu’à transvider le pesto dans des petits pots Mason, couvrir d’huile et les garder au frigo.

« Comme une fidèle amie sur laquelle on peut toujours compter, la fleur d’ail est toujours là, dans mon frigo », assure notre chef.

Et du coup, on peut également compter sur ses bienfaits, car la fleur d’ail contient aussi des antioxydants, améliore la circulation, renforce notre système immunitaire.

Comme quoi la nature fait vraiment bien les choses.

Des fois.

Suggestion de notre chef : Fleur d’ail le Petit Mas

FLOCONS OU FLEUR DE SEL

Notre chef l’avoue d’emblée : « C’est l’assaisonnement frais chié par excellence. On peut la faire tomber au ralenti sur tous nos plats. Mais sérieusement, c’est un très beau produit à toujours avoir dans son garde-manger.»

Parce qu’un peu comme tout dans notre monde de plus en plus hiérarchisé et polarisé, vous ne serez certes pas surpris d’apprendre que tous les sels ne sont pas vraiment égaux.

On s’explique.

Dans le monde merveilleux des minéraux, rien n’est réellement plus simple et essentiel que le sel. Que cela soit dans notre corps ou notre piscine, sur notre table ou notre driveway, on en a besoin partout. Et en grande quantité, comme en témoignent les 10 millions de tonnes qu’on a produites au Canada en 2024.

Conséquemment, celui qu’on retrouve sur nos tables est soumis à un processus industriel effroyable, qui implique, entre autres, une flotte interminable de souffleuses et de remorqueuses et des excavations souterraines surréalistes dans des mines de l’Ontario profond.

Ou si on y va en mode marin, on a recours à du pompage industriel d’eau de mer sur une côte perdue, à travers un labyrinthe d’énormes tuyaux, supervisés par une armée de « contrôleurs » vêtus d’uniformes quasi militaires avec, on soupçonne, un chauve avec un œil de verre qui flatte un chat à longs poils dans ses bras en supervisant le tout, avec un sourire sadique.

Mais le sel peut être produit autrement, de façon plus naturelle, avec, par exemple, des marais salants et un peu de vent au bon moment, pour ensuite recueillir ces beaux cristaux fins qui se forment en surface, qu’on appelle fleur de sel.

Ou on peut l’extraire de la mer à plus petite échelle, à la main, comme on le fait désormais au Québec, de la Gaspésie à la Haute-Côte-Nord, pour obtenir un sel supérieur.

« Le sel fin, on s’en sert lors de la cuisson des aliments, mais les flocons ou la fleur de sel, on s’en sert surtout en finition, explique notre chef. Il ajoute de la texture et un goût de sel doux et enivrant. Bon, j'exagère un peu avec ‘enivrant’, mais essayez-le ! »

Suggestion de notre chef : Sel Saint-Laurent

LE MÉLILOT

Chez les gens comme chez les plantes, il y a certaines espèces invasives qu’on s’adonne à détester ou répudier pour on ne sait trop quelle raison. Le pissenlit. L’ortie. La belle-sœur Linda. Peut-être prennent-elles trop de place ? Leur forme hostile ? Le goût amer qu’elles laissent en bouche ?

Bref.

Mais quand on prend le temps de bien les connaître, on leur découvre soudainement des qualités insoupçonnées. C’est le cas notamment du mélilot, une plante dite sauvage qu’on retrouve à profusion, entre autres, le long de nos autoroutes, et qui pourrait être qualifiée de « vanille boréale. »

« Le mélilot possède un parfum différent et un goût exquis, explique notre chef Patrice. Comme un Chanel #5, mais pour la bouffe. Genre. On y retrouve même des notes de foin et d’amandes douces. Vraiment. Vous ne serez pas déçus.»

Curieusement, cette belle plante aux longues tiges meublées de délicates fleurs jaunâtres appartient à la famille des légumineuses, mais son arôme et sa saveur sont tellement envoûtants qu’ils lui ont valu un nom composé assez impressionnant, soit un mélange du grec « miel » et « lotus ». Le résultat est franchement spectaculaire et on peut donc l’utiliser comme solide substitut à la vanille, sans trop d’inquiétude.

« Donc, SVP : remplacez votre petit flacon brun opaque qui traîne dans votre armoire depuis 1942 avec un centimètre de poussière soudée dessus, et optez pour un produit de chez nous que vous pouvez utiliser dans tous vos desserts ! »

 

Suggestion de notre chef : Essence de mélilot Gourmet Sauvage

Textes : Stephane Banfi & Patrice Gosselin
Peintures originales
: Patrice Gosselin
Révision : Danielle Locas
Publication : 26.02.26