ZOOM SUR LES ASPERGES

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On profite du printemps qui arrivera peut-être un jour afin de vous dresser un portrait plus complet de ce beau, grand et énigmatique légume printanier.

Historique

On mange des asperges depuis près de 3 000 ans. On sait, par exemple que les Romains en raffolaient, car elles se trouvent dans un des plus vieux — sinon, le plus vieux — livres de recettes, l’Art culinaire de Marcus Gavius Apicius, publié au 1er siècle. (Apicius recommande de les éplucher et de les bouillir debout, la tête en dehors de l’eau — un peu comme les chrétiens à l’époque).

On doit l’arrivée de l’asperge dans le Nouveau Monde à un marchand hollandais du nom de Diederick Leertouwer, qui aurait introduit l’asperge blanche en Nouvelle-Angleterre au 17e siècle. Plus récemment, les Hollandais ont voulu en quelque sorte « boucler la boucle » de leur contribution ancestrale en tentant la livraison d’asperges blanches avec un drone… avec un résultat assez désastreux, merci.

Les différents types d’asperges

L’asperge étant ce qu’elle est, on compte plusieurs variétés aux noms exotico-érotiques du genre Jersey Knight, Purple Passion, Apollo, Viking KBC, ou la Précoce d’Argenteuil. Mais on peut, en gros, les regrouper en trois groupes :

vertes
L’asperge verte, qu’on connait bien
blanches
La blanche, qui n’est pas albinos ou génétiquement modifiée, mais qui est plutôt une asperge verte qu’on a laissé pousser ensevelie dans le sol, causant ainsi son blanchiment ;
violettes
La violette, qui est un peu plus sucrée, franchement plus exotique et sexy, mais qui devient verte lorsqu’on la fait cuire trop longtemps, prouvant qu’on ne peut pas toujours se fier aux apparences, même dans le monde végétal. 

Pousse, mais pas égal

Leur nom poétique vient du perse « asparag », qui veut littéralement dire « pousse », comme quoi les linguistes perses étaient à la fois paresseux et pragmatiques.

Les asperges sont des légumes bipolaires : elles prennent trois ans à se mettre en branle, mais une fois partie, elles ne sont plus arrêtables, pouvant pousser de 6 à 10 pouces en une seule journée (insérer votre blague grivoise ici). En effet, la plante vivace prendra deux ans pour développer son système racinaire qui peut atteindre jusqu’à 2 mètres de profondeur dans un sol de préférence sablonneux, ce qui explique ce crunchy qu’elles ont quand on oublie de les laver.

Pour les savourer pleinement, on vous conseille fortement de couper la base à environ un pouce.

« À moins de vouloir à tout prix faire soudainement partie de la famille des ruminants », précise notre chef Patrice Gosselin.

Pleine de nutriments

Côté nutritif, l’asperge ne laisse pas sa place, avec une trâlée de vitamines, fibres, minéraux et aussi des antioxydants de meilleure qualité que plusieurs légumes plus connus, comme l’oignon ou l’ail.

+ Autre avantage : l’asperge ne perd pas ses propriétés bénéfiques à la cuisson ; même qu’elles augmenteraient, à condition de ne pas la cuire pendant une heure ce qui, avouons-le, serait plutôt con.

+ Notre chauve chef en profite pour vous rappeler qu’il faut « toujours cuire rapidement les asperges, environ une minute, et puis les plonger dans l’eau froide pour arrêter la cuisson et fixer la couleur verte. Parce que n’oubliez pas : l’asperge se mange aussi crue. Eh oui. Coupez-la finement ou même en rubans, c’est vraiment délicieux en salade. »

+ De plus, on peut choisir ses asperges selon la recette : « Par exemple, on va prendre des asperges plus grosses pour les griller sur le BBQ, mais plus fines pour une salade. »

L’asperge dans le monde

La Chine est de loin le plus gros producteur d’asperges, avec plus de sept millions de tonnes métriques par année, suivie du Pérou (376 000 tonnes) et du Mexique (120 000 tonnes). Mais le volume ahurissant d’asperges chinoises sème le doute ; selon un rapport américain, il serait plus de l’ordre de 300 000 tonnes, ce qui prouve qu’on ne peut pas toujours se fier aux chiffres provenant d’un pays qui ment même au sujet de ses asperges. Chez nous, c’est un peu plus de 2 000 tonnes d’asperges qu’on écoule chaque printemps au Québec, mais une grande partie risque de demeurer dans les champs cette année, faute de main-d'oeuvre.

Pourquoi c'est le Pérou

La prolifération d’asperges du Pérou sur nos tablettes à longueur d’année est une conséquence directe de la lutte épique (et plutôt futile) que font les Américains à la drogue. En effet, à la fin des années 90, dans le but d’encourager les agriculteurs péruviens à délaisser la cocaïne pour les asperges, les États-Unis ont largement subventionné la culture du légume dans ce pays d’Amérique du Sud, incitant plusieurs compagnies américaines comme Del Monte à déménager leurs opérations là-bas.

L'asperge et la COVID-19

Cette année, plusieurs festivals d’asperges ont été compromis à cause du coronavirus, dont le British Asparagus Festival et sa mascotte / porte-parole « Gus », qui est curieusement devenu un sex-symbol à la Tom Jones en Angleterre, en plus de créer un émoi en se pointant à l’église il y a quelques années. Mais on tient à vous rassurer, le Symposium international de l’asperge, lui, devrait toujours avoir lieu en Espagne en juin 2021.

Finalement, pourquoi ça sent ?

Souvent baptisée du « parfum de pipi », l’asperge a ce don unique de faire sentir sa présence même quand on cherche à s’en débarrasser. Mais attention, pas pour tous. En effet, une étude beaucoup trop sérieuse et exhaustive sur le sujet révèle que :

1. Ce n’est pas tout le monde qui a le talent digestif de produire une urine aromatique après avoir mangé des asperges
2. Ce n’est pas tout le monde qui a le talent olfactif de humer l’asperge une fois évacuée

Dans les deux cas, une prédisposition génétique serait requise pour y arriver. Mais peu importe dans quel clan génétique vous vous situez, sachez que l’odeur fait aussi l’objet d’un débat parmi les scientifiques.

Les coupables seraient des molécules de méthyl mercaptan ou d’asparagine — ou une combinaison des deux.

Mais dans les deux cas, le tout demeure inoffensif.

Et le tout demeure beaucoup trop d’information à notre goût…

(Publié le 8/5/2020)

CINQ PISTES DE RÉFLEXION SUR NOTRE ALIMENTATION

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Après plus d’un mois de confinement, on se permet une infolettre un peu plus introspective. Alors qu’on commence à parler de déconfinement et de retour très graduel à la normale, il serait peut-être bon de prendre le temps de justement se questionner sur ce qui est « normal ». Au cours des dernières semaines, on a tous eu plus de temps pour cuisiner. Manger ensemble. Jardiner. Ou s’écraser à regarder des séries en rafale sur Netflix, c’est selon. La nouvelle réalité du COVID-19 est certes une période d’anxiété et d’inconnu, mais elle peut aussi nous aider à mieux diagnostiquer ce qui ne tournait pas rond dans notre assiette et notre quotidien avant que tout cela n’éclate. Pour préparer le terrain à un éventuel retour dans un monde bien différent, on vous propose cinq pistes de réflexion sur notre alimentation. Parce que oui, ça va bien aller. Mais on devrait au moins prendre le temps d’y penser.

5 PISTES DE RÉFLEXION AU SUJET DE NOTRE ALIMENTATION 

À commencer par en manger moins ou, mieux encore, pas du tout. Parce qu’il serait bon de se rappeler ce qui est à l’origine de ce chaos planétaire : une invasion barbare soutenue du monde animale et un virus qui traînait sur une chauve-souris vivante, dans un marché public de Chine. Un rapport cette semaine de plusieurs experts en biodiversité est unanime : « Une seule espèce est responsable de la pandémie du COVID-19 — nous. La déforestation effrénée, l’expansion incontrôlée de l’agriculture intensive, l’exploitation minière et le développement des infrastructures, ainsi que l’exploitation des espèces sauvages ont créé une tempête parfaite pour la propagation des maladies de la faune aux populations. » Si vous pensez que nous sommes à l’abri de tels dérapages parce que la chauve-souris n’est pas au menu ici, on vous rappelle quelques faits troublants. Le mois dernier, une grippe aviaire a décimé un élevage de dindons en Caroline du Sud, mettant les autorités sur le qui-vive pour un risque de pandémie. En Angleterre, plus de 30 ans après que la maladie de la vache folle a forcé l’abattage préventif de quatre millions de pauvres bêtes, un récent documentaire souligne que certaines personnes sont désormais porteuses de la maladie, au nom terrifiant de maladie de Creutzfeldt-Jakob. Et finalement, une nouvelle ahurissante qui a été éclipsée par le COVID-19 : tout juste avant la pandémie, un quart de la population mondiale de porcs a été dévastée par une épidémie de peste porcine africaine qui s’est propagée à travers la Chine (surprise), tuant quelque 300 millions de bêtesen Chine seulement. Et on soupçonne que la maladie peut également se transmettre aux humains. Bref, comme le soulignait si habilement le comédien Bill Maher la semaine dernière : « Vous n’avez pas à (manger moins de viande) par préoccupation pour les animaux. Faites-le parce que la cruauté envers les animaux conduit à une catastrophe humaine. »

À ce jour, on compte plus de 200 000 personnes mortes du coronavirus à travers le monde. Pendant ce temps, selon l’Organisation mondiale de la santé, il y a 17,7 millions de personnes qui sont décédées de maladies cardiovasculaires à travers le monde, soit l’équivalent de la population de la Hollande. Face à des chiffres aussi incroyables, et vu que les maladies du coeur sont la principale cause de décès dans le monde, est-ce qu’on ne pourrait pas aussi parler, ici, d’épidémie — mais parfaitement prévisible et même évitable ? On ne veut surtout pas minimiser les près de 3 000 tragédies que le virus a causées au pays, mais il n’en demeure pas moins qu’en 2018, 53 000 personnes sont mortes de maladies du coeur au Canada. Est-ce que le fait que ces décès ne soient pas systématiquement rapportés dans les médias, analysés et débattus rend le problème plus acceptable ? Ou est-ce que mourir d’une crise cardiaque fait désormais simplement partie de la vie ? Chose certaine, si près de 18 millions de personnes mouraient chaque année par contagion, cela engendrerait une panique mondiale. Mais vu que les morts sont principalement reliées à l’alimentation, curieusement, cela semble plus facile à digérer.

Après s’être fait dire ad nauseam de ne pas se mettre les doigts au visage, est-ce qu’on pourrait avoir le même réflexe de ne pas se mettre n’importe quoi dans la bouche ? Car c’est clairement une réalité qui a des effets dévastateurs sur notre santé collective. Au Québec, selon une récente étude de l’Institut national de la santé publique (INSP), l’obésité abdominale a doublé depuis 1990, passant de 21 % à 48 % chez les femmes et de 14 % à 32 % chez les hommes. De plus, l’obésité touche maintenant 40 % des adultes québécois, soit 2,3 millions d’entre nous. Dans le concret, cela veut dire que si vous êtes avec deux amis dans un resto au Québec, un d’entre vous est gros. (Les stats, c’est plate comme ça des fois.) Et tout comme la COVID-19, la cause principale de ce fléau se répand désormais aux quatre coins de la planète ; à mesure que s’implantent les restaurants de fast-food dans un pays, l’obésité pointe ses bourrelets, faisant des adeptes et des victimes de plus en plus jeunes. Les réactions de cette petite fille britannique lorsque sa mère lui annonce que tous ses restos préférés sont désormais fermés illustrent bien le problème. Au Canada, en 2018, la ministre de la Santé de l’époque, Ginette Petitpas Taylor, proposait un système d’étiquettes pour les produits malsains, dans le but avoué de nous aider à prendre des décisions plus éclairées sur notre alimentation, mais aussi, comme le démontre une étude, pour sauver des vies. Depuis, silence radio. On attend quoi ?

Dès qu’on essaie de changer son alimentation, on se fait immédiatement remettre sous le nez l’argument béton suivant : « Ben voyons donc, pourquoi changer ? On a toujours mangé comme ça ! »  En effet, nous avons cette conviction profonde que notre culture culinaire, tout comme notre religion, notre voiture ou notre cellulaire, sont une partie intrinsèque de qui nous sommes. En fait, il serait peut-être temps d’accepter que notre notion de « bonne bouffe » ou de « tradition culinaire » soit fondée sur de fausses perceptions qui découlent d’un mélange de souvenirs d’enfance, d’expériences personnelles et de marketing. Tout cela est arbitraire et programmé, un comportement appris et conditionné, tout comme la cuisine d’un pays est souvent créée par nécessité et selon la disponibilité des produits. La supériorité de cette « cuisine de chez nous » repose donc sur des sentiments et non sur de la science. À ce sujet, il est grand temps que la cuisine fasse son entrée à l’école, comme cours obligatoire au primaire, pour décortiquer et partager les bases scientifiques d’une bonne alimentation. Que cela soit un ragoût de pattes ou un civet de chauve-souris, ce n’est pas parce qu’on en a toujours mangé que c’est nécessairement bon pour nous. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, on vous invite à relire les statistiques des blocs 2 et 3, plus haut. À haute voix, au besoin. 

On le sait, c’est toujours plus simple de cuisiner quand on a le temps. Ou quand on n’a pas le choix. Et les études démontrent également qu’on se porte mieux quand on mange à la maison. Alors on termine avec trois gros chiffres sérieux, qui en disent long sur nos priorités et nos habitudes de vie, avant cette pandémie. 

1 690 000. 

1 418 000. 

Et 1 297 000. 

Ce sont respectivement les cotes d’écoute pour les émissions District 31, Unité 9 et L’Échappée, telles que rapportées par le Journal de Montréal en décembre 2019. 

C’est donc dire que nous sommes une maudite grosse gang à prendre (ou perdre) volontiers du temps, qu’on n’a apparemment pas, sur une base régulière, pour voir comment se portent des personnages fictifs, mais on semble incapables de prendre du temps pour nous, de façon régulière, afin de cuisiner et se porter mieux. Trouvez l’erreur.

(Publié le 01/05/2020)

ZOOM SUR LES SEMIS

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La nature a ce don magique de bien faire les choses, ce qui explique à la fois pourquoi un néophyte peut facilement réussir son jardin du premier coup et pourquoi la plus obscure des plantes peut pousser dans des craques d’asphalte d’une cour d’école à Ville-Émard. Mais avant que la nature prenne en main votre jardin, encore faut-il avoir le doigté pour bien semer.

Réussir ses semis c’est comme réussir un référendum : il faut savoir réunir les conditions gagnantes pour arriver à ses fins. Terre, eau, soleil et chaleur sont tous des éléments essentiels, qui ne sont pas évidents au Québec, ce qui explique peut-être pourquoi le référendum à aussi foirer à deux reprises. Mais restons sur le sujet.

Quelques trucs et conseils pour réussir ses semis

Vérifier la date

Le semis est l’opération de mettre en terre la graine d’un légume ou d’un fruit. Car sachez que dans cette petite coquille microscopique repose toute l’énergie, la vitalité et la force d’un beau légume — ou pas, si la graine est expirée. Donc il est toujours bon de vérifier la date d’expiration sur le sachet. Toutefois, une fois la date passée, il se peut que certaines graines soient encore « vivantes » — la vie n’est pas une science exacte. Pour vérifier, vous pouvez simplement mettre dix graines dans un papier essuie-tout humide et vérifier combien d’entre elles germeront après quelques jours. Multipliez par 10, et vous aurez le taux de germination (approximatif) de votre sachet de semis. Tous ensemble : Vive les maths !

Au clair de la lune

Si vous plantez vos semis directement en terre, sachez que les vieux Italiens du coin ne jurent que par la lune. En effet, selon certaines croyances ancestrales, il y aurait des moments idéaux pour mettre une graine en terre, et même pour récolter certains aliments, selon le type de légume, toujours dépendant du stade de la lune. Science ancestrale ou Jojo Savard qui est littéralement dans le champ ? On oserait renier des siècles de croyances paysannes de peur de recevoir un sort qui nous rendrait soudainement borgnes et hirsutes ou pire, animateurs de quiz télévisé italien, alors on préfère prendre la sortie facile, côté jardin, en vous soumettant simplement ce lien. À vous de juger.

Il est préférable d’attendre après la Reine (ou les patriotes) pour semer en terre

Règle générale, au Québec, on vous conseille fortement de ne rien mettre en terre à l’extérieur avant la fête de la Reine, qui tombe le 18 mai cette année. Ce n’est pas par respect pour Sa Majesté, mais plutôt pour le mercure : le 8 mai, l’an dernier, il a quand même fait 2 degrés la nuit à Montréal, donc rien de trop chaleureux pour inspirer une germination souterraine. On peut planter en avril si on a des bacs à jardin couverts. Une serre. Ou si on vit ailleurs.

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On gagne du temps en démarrant cela avant

Toutefois, rien ne vous empêche de braver et baver les éléments en démarrant vos semis à l’intérieur, de 4 à 6 semaines avant la Journée des patriotes (donc, pas mal là-là). Un bon terreau — et non de la terre de votre jardin — des récipients professionnels ou improvisés, comme des cartons d’œufs vides, et une fenêtre ensoleillée feront l’affaire. Si vous êtes sérieux, vous pouvez investir dans une lampe DEL qui offrira un spectre complet à vos semis, et qui pourra aussi vous réconforter ces sombres soirées de février, alors que vous regardez le givre de votre fenêtre de sous-sol, une bouteille de Johnny Walker Black à la main, en écoutant du Devo. Par exemple.

Restez terre-à-terre

Les semences représentent un marché de 66,9 milliards $ sur la planète, ce qui est quand même beaucoup d’argent pour quelque chose qui peut rester pogné entre vos dents. Ou qui est naturellement gratuit. Vous comprendrez qu’on parle ici des géants de l’agroalimentation du type Bayer-Monsanto, qui domine le marché avec des ventes de 10,9 milliards $ en 2017, ainsi que d’autres compagnies aux noms suspects comme « Syngenta » ou encore « KWS ».

Mais pour votre petit coin de paradis, on vous propose deux compagnies plus accessibles, de chez nous, qui sont à la fois louables et remarquables : La Société des plantes et Le Jardin de l’écoumène, qui offrent une panoplie de semis ancestraux et de types de légumes qu’on ne trouve presque plus, du genre « Laitue Grosse Blonde Paresseuse » ou « Reine des glaces ».

Mais on vous avertit tout de suite, vu la forte demande, ils ont de la misère à fournir ces temps-ci ce qui, doit-on le rappeler, est une excellente nouvelle.

(Publié le 17/4/20)

ZOOM SUR LE SIROP D’ÉRABLE

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Historique

Tout comme le hockey, les kayaks, les biberons, les seringues, les hamacs et ce respect profond pour la nature et les choses vivantes, vous ne serez pas surpris d’apprendre que le sirop d’érable est également une découverte amérindienne.

Dès son arrivée au Canada, Jacques Cartier parle « d’un suc de bon goût… et délicat » issu d’un arbre taillé par une hache par les Amérindiens.
Mais s’ils n’ont rien inventé, ce sont les Européens, et par la suite les nouveaux arrivants, qui ont eu le déclic d’exploiter la ressource à plus grande échelle et d’éventuellement en tirer profit, un pattern malheureusement familier qui se répètera sur pas mal tout ce qui se trouve et bouge dans le Nouveau Monde par la suite.
Si bien qu’aujourd’hui, le Québec est responsable de 72 % de la production mondiale du sirop d’érable, avec une récolte de 159 millions de livres de sirop par année.

La petite histoire du sirop d'érable au Québec en deux images

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AVANT

industrie

APRÈS

Mais sa valeur marchande a été consacrée à jamais et a frappé l’imaginaire en 2011 alors qu’il a fait l’objet d’un vol spectaculaire : 9 500 barils, évalués à 18,7 millions de dollars, ont été subtilement dérobés de l’entrepôt de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec pour être remplacés par… de l’eau. Le tout a même fait l'objet d'un épisode de la série Dirty Money sur Netflix. 

C’est quoi au juste

Juste pour être clair : si vous taillez un érable au printemps dans votre cour arrière, vous n’aurez pas de quoi agrémenter vos crêpes.
Parce que le sirop est initialement de l’eau d’érable, qui se transforme en sirop seulement après avoir été bouillie, pour en faire évaporer l’eau (c’est de la chimie, apparemment).

Le résultat est un sirop onctueux et délicieux, mais encore faut-il savoir bien doser ses efforts et son feu ; en effet, s’il est trop dense, le sirop deviendra cristallin, et s’il est trop liquide, il pourra fermenter. Comme quoi dans le sirop, comme dans la vie, il est toujours bon de savoir ce qu’on fait.

Les avantages du sirop d’érable

Malgré la vision bucolique (et patriotique ?) qu’on peut avoir du sirop d’érable, il reste qu’il est composé à 2/3 de sucrose. Son avantage marqué sur le sucre raffiné est plutôt dans le reste de ses composantes.

En effet, on y retrouve des vitamines, minéraux et une liste impressionnante d’antioxydants — 24, selon une étude de l’Université du Rhode Island. Les chercheurs en ont rajouté une couche en 2011 avec la découverte d’une nouvelle molécule du nom de — tenez-vous bien — quebecol, qui apparaît par réaction chimique pendant la fabrication du sirop. La molécule pourrait servir à traiter des maladies inflammatoires comme l’arthrite.

Mais malgré toute cette belle science sous-jacente, on préfère vous rappeler que se gaver de sirop est certes bon au goût et pour l’économie locale, mais cela demeure majoritairement un gavage de sucre, avec tous les inconvénients que cela comporte.

 

Des érables et des maths

Sachant que :
+ il faut qu’un érable ait 40 ans avant de recueillir sa sève
+ il faut entre 35 et 40 litres d’eau d’érable pour faire un litre de sirop
+ un érable peut fournir jusqu’à 50 litres de sève par année

… Inventez votre propre problème mathématique.

On fait quoi avec

On pense évidemment à des desserts, et notre chef l’adore sur ses crêpes, gaufres ou pain doré, mais il y a plus.
« Je m’en sers aussi pour ajuster la saveur de plusieurs plats, qu’ils soient salés, sucrés, amers ou acides », confie-t-il. « C’est un peu ma bouée de sauvetage de plats. Par exemple, si ma sauce est trop salée ou trop amère. Ou si ma vinaigrette est trop vinaigrée, acidulée. »

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jemima

Pensée pour terminer

Si, pour une raison inexplicable, votre choix de sirop pour vos crêpes était jusqu’à maintenant une belle flaque opaque de sirop Aunt Jemima, on vous rappelle qu’une bouteille de sirop Aunt Jemima contient glucose, glucose-fructose, eau, carboxyméthylcellulose, arôme naturel et artificiel, sel, colorant caramel, benzoate de sodium, acide sorbique, hexamétaphosphate de sodium et sulfites — bref, tout ce dont votre enfant a besoin pour scorer vraiment fort au Scrabble. Le sirop d’érable, lui, n’a qu’un seul ingrédient. (Mic drop).

(Publié le 10/4/20)

ZOOM SUR LE QUINOA

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Utilisé par les Incas et par la NASA, on peut dire que le quinoa est un aliment qui transcende le temps. On en profite pour vous tracer les grandes lignes de ce noble grain qui, on vous le rappelle, en plus d’être polyvalent et délicieux, et paqueté de bonnes choses pour la santé.

Historique
Le quinoa est la pierre angulaire de l’alimentation en Amérique du Sud, et pourtant il a pris du temps à faire son apparition chez nous. Si vous vous demandez pourquoi il n’est pas aussi populaire que la tomate (qui a aussi été rapportée par les conquistadors, avec des tonnes d’argent et d’or, il va de soi), c’est simple : la farine de quinoa n’a pas de gluten, donc elle n’est pas très prisée pour faire du pain, ce qui en a fait un aliment incomplet aux yeux des envahisseurs.
Pour cette raison, à l’époque, le conquistador Francisco Pizarro a ordonné la destruction de tous les champs de quinoa lors de son passage en Amérique du Sud — c’est le genre de chose que font les conquistadors, malheureusement. 

Mais heureusement, des plants ont survécu en haute altitude et le quinoa a graduellement refait son apparition au fil des ans.

Ce crétin de conquistador Francisco Pizarro qui tente de compenser pour sa sauvagerie en portant quelques plumes au casque.
Le quinoa pousse en altitude et a différentes couleurs.

Variétés
Tout comme les cheveux de votre nièce, le quinoa a une palette de couleurs assez impressionnantes et funky— passant du blanc, au mauve en passant par le rose et l’orange. Mais on retrouve communément trois grands types de quinoa :

  • + Le blanc, qu’on pourrait appeler le quinoa de base. Il est celui qui est le plus léger et « fluffy » à la cuisson.
  • + Le rouge, qui goûte encore plus la noisette et a une texture plus « crunchy »
  • + Le noir, qu’on n’a honnêtement pas goûté, mais qui se veut plus prononcé au goût et légèrement plus sucré

C’est justement à cause de tous ces facteurs que notre chef Patrice Gosselin l’apprécie : « J’aime le quinoa essentiellement pour son goût de noisette qui diffère du couscous. J’aime aussi le fait qu’il y ait différentes couleurs pour ajouter de la variété dans l’assiette. Je l’utilise en salade, mélangé avec plein de légumes. On peut aussi y intégrer des légumes feuilles tels que des épinards, de la roquette ou du chou frisé. Il remplace haut la main le riz. Et cru, il peut facilement remplir des oreillers ou déglacer votre entrée. »

Les avantages
Il y en a tellement qu’on va vous référer vers un autre site pour les détails, mais en gros, en voici quelques-uns qui sont franchement impressionnants :

+ Très riche en protéines et contient tous les acides aminés
+ Faible indice glycémique
+ Riche en minéraux comme le fer et magnésium
+ Très riche en antioxydants
+ Sans gluten

Tout cela pour dire que le quinoa est vraiment un aliment cinq étoiles, et sans surprise, c’est un peu pour cela que la NASA l’utilise pour nourrir ses astronautes. 

(Publié le 27/03/2020)

SPÉCIAL : SEULS AVEC NOUS-MÊMES

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Dans notre monde qui tourne toujours un peu plus lentement, peut-être vous retrouvez-vous aujourd’hui en quarantaine. En isolement volontaire. En distanciation sociale de votre famille — imposée ou volontaire. Ou encore, vous ne savez tout simplement plus quoi faire depuis que Laurent Paquin a annoncé qu’il annulait tous ses spectacles. Peu importe. Cette semaine aux Explorateurs culinaires, entre deux lavages de mains intensifs et une petite toux qui vous fait toujours suer, on vous suggère de tirer le maximum du temps retrouvé avec cinq choses que vous pouvez faire à la maison pendant ces moments à la fois tragiques et historiques. Tant qu’à être cloîtré, aussi bien en profiter.

5 CHOSES À FAIRE À LA MAISON PENDANT LA QUARANTAINE 

5. CUISINEZ UN FORMI-DAHL

Parce qu’on a justement le temps, et parce qu’on ne sait pas toujours quoi faire avec des légumes qui traînent dans le fond du frigo, notre chauve chef vous propose une belle recette de dahl aux légumes rôtis. Namasté. 

4. RÉAMÉNAGEZ VOS TIROIRS DE CUISINE 

Canalisez la Marie Kindo en vous et profitez de l’occasion pour réorganiser vos tiroirs de cuisine qui sont, avouez-le, franchement honteux. (HON-TEUX).

Notre chauve chef vous propose un système infaillible pour gérer votre cuisine au quotidien, en divisant vos tiroirs en trois temps.

Avant de commencer 
Sortez tout — absolument tout — de vos tiroirs, sans exception. Puis, en contemplant la montagne d’ustensiles sur votre table, prenez un moment pour reprendre vos esprits. Peut-être une petite vodka. C’est selon.

Puis, éliminez froidement les objets inutiles. Trois façons infaillibles pour savoir ce qui est inutile : 1. Cela fait plus de six mois que vous ne l’avez pas utilisé 2. Vous l’avez acheté chez Stokes et c’est vert fluo  3. Après avoir tenu l’objet dans vos mains pendant 90 secondes, vous ne savez toujours pas à quoi il sert.

Par la suite, faites des regroupements par catégorie et éliminez le superflu. Exemple : A-t-on vraiment besoin de neuf cuillères en bois ? Bref, gardez vos outils préférés et sacrifiez froidement le reste. L’heure est aux choix. Maintenant, divisez tout ce qui reste en trois temps :

  1. + Tous les jours : Placez tout ce que vous utilisez à… tous les jours dans le tiroir du haut : couteaux, fourchettes, cuillères, limonadier (c’est la crise quand même).
  2. + Souvent : Spatules, pinces, grosse cuillère, fouet.
  3. + Des fois : Presse-citrons, mandoline, pied-mélangeur, coupe pizza.

Toujours d’un air déterminé, on met ce qui reste dans une boîte, en isolement forcé, et on prendra une petite marche le soir même pour déposer tout cela chez Renaissance près de chez vous.

Vous verrez, vous vous sentirez mieux par la suite.

3. GARDEZ VOS ALIMENTS DE BASE BIEN EN VUE  

Pas tanné de fouiller dans une armoire pour de la farine, de l’autre côté pour le sucre, et où as-tu sacré la polenta cette fois-ci, chéri ?

Alors voici : faites un inventaire de tous les pots Mason vides qui traînent chez vous (vous serez surpris ; on soupçonne qu’ils se reproduisent la nuit), prenez un peu de ruban-cache et un feutre — et tout est réglé.

Vous pouvez même pousser cette magie organisationnelle à un niveau supérieur en inscrivant, au dos de chaque pot, le mode de cuisson de chaque aliment (proportion d’eau requise pour la cuisson, temps de cuisson, etc.). Sans compter que ce système vous facilitera dorénavant l’achat de produits en vrac, ce qui vous fera (éventuellement) épargner du temps et de l’argent.

Suggestions d’aliments à garder en vue : flocons d’avoine, quinoa, farines, sucres, polenta, chapelure, riz brun, riz blanc, riz arborio, bulgur, couscous, orge et tout grain rustique et ancien qui saura impressionner vos beaux-parents.

2. LISEZ ACTIVEMENT  

On le sait, vous le faites déjà en ce moment, mais avec la multiplication des écrans dans nos vies, on ne prend plus vraiment le temps de lire activement des choses étranges comme... un livre, par exemple.

Si vous êtes à la maison avec des enfants — ou pire, avec des ados qui pensent que « LOL » est un verbe conjugable —, il serait peut-être temps d’invoquer les mesures de guerre pour stimuler la lecture.

On partage une suggestion qui a fait ses preuves ici jusqu’à maintenant : une période de 45 minutes de lecture par jour, à tout un chacun, à un moment précis de la journée.

Cela peut être après un repas, ou une condition non négociable pour regarder un film insupportable plus tard, du genre « Mission Impossible Fall-Out » (vraiment — mais là vraiment — n’importe quoi).

Après le lot de plaintes et de gémissements prévisibles, vous serez surpris par le calme immédiat que cela génère dans la maison et la diminution du volume de plaintes et de gémissements à mesure que le rituel s’installe.

Finalement, si vous cherchez quelques suggestions de lectures pour vous aider à mieux comprendre le rôle de l’alimentation dans nos vies, en voici trois :

1. In Defence of Food  de Michael Pollan (Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments)
Le petit livre qui a ouvert tout grand la discussion sur l’alimentation, que Pollan résume brillamment ainsi : « Mangez de la vraie nourriture. Pas trop. Surtout des plantes. »

2. The Body : An occupant’ s guide de Bill Bryson (Le Corps)
Dans son style imagé et hilarant, Bryson vulgarise le fonctionnement du corps humain, ce qui est plutôt d’actualité par les temps qui courent. Un livre qui se dévore rapidement.

3. The China Study de T. Colin Campbell (L’Enquête Campbell)
Et s’il existait un livre qui expliquait, de façon lucide et clinique, et avec plusieurs preuves à l’appui, tous les bienfaits du végétalisme en se basant sur, notamment, la plus vaste étude jamais faite au monde à ce sujet ? Ah ben coudon’…

Note importante : peu importe votre choix, si vous optez pour un livre traditionnel en papier, de grâce, ne vous léchez pas le doigt avant de tourner chaque page.

Quand même.

1. REGARDEZ DES FILMS QUI VONT VOUS CHANGER LES IDÉES 

Quand on sait qu’un des films les plus vus sur Netflix en ce moment est Contagion, on est en mesure de se demander si on n’est pas un peu maso comme espèce.

Question de vous changer radicalement les idées, et de décrocher des films récents, voici douze suggestions de (quand même pas si vieux) films qui vous transporteront ailleurs, qui vous feront rire, des films légers que vous pourrez savourer en toute sécurité avec toute la famille, une liste qu'on serait tenter d'appeler «The Delicious Dozen
Parce qu'on en a besoin.

  1. 1. Peter Pan (2003)
  2. 2. Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)
  3. 3. A Knight's Tale (2001)
  4. 4. The Mask of Zorro (1998) 
  5. 5. The Fifth Element (1997)
  6. 6. Les Visiteurs (1993)
  7. 7. Bill and Ted’s Excellent Adventure (1989) 
  8. 8. Big (1988) 
  9. 9. The Princess Bride (1987) 
  10. 10. Ferris Bueller’s Day Off (1986) 
  11. 11. Back to the Future (1985) 
  12. 12. Raiders of the Lost Ark (1981) 

(Publié le 20/03/2020)