5. LE HOMARD, C’ÉTAIT POUR LES PAUVRES
Au 17e et 18e siècle, l’Atlantique regorgeait tellement de homards que le succulent crustacé était carrément classé comme nourriture de pauvres. On se servait des surplus ou des restes ramassés sur les rives comme engrais. Certains états, dont le Massachusetts, avaient même statué qu’on ne pouvait le servir à manger plus de deux fois par semaine, car manger du homard de façon régulière était une sanction jugée carrément insupportable. On se contentait donc d’écouler les stocks en l’offrant gratuitement aux veuves et orphelins, ainsi qu’aux prisonniers. Trois cents ans plus tard, le homard est le produit canadien de la mer le plus exporté, représentant un milliard de dollars de ventes à l’exportation par année, et il est consommé dans plus de 55 pays des quatre coins du monde. C’est vrai, le temps n’arrange pas toujours les choses, mais avouez qu’il a néanmoins ce don indéniable de les changer drôlement.
4. IL NE FAUT PAS TROP CUIRE LE HOMARD
Si vous vous donnez la peine de surfer le web, vous trouverez autant de méthodes sur le temps de cuisson du homard que de théories sur la mort de JFK. Toutefois, selon le site Homard à vendre, l’idéal est de : a) Ajouter ¾ de tasse de gros sel pour 4 litres d’eau, puis bouillir b) Retirer les élastiques sur les pinces et plonger le homard dans l’eau, tête première c) Porter de nouveau à ébullition et calculer 10 minutes de cuisson pour un homard d’une livre. Ajouter une minute pour chaque ¼ de livre additionnel. Finalement, O’neil Cloutier, qui est président du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, partage un dernier truc : « lorsqu’on retire un homard de l’eau bouillante, il continue à cuire donc cela peut altérer le goût de sa chair. Il faut donc le tremper dans un bac d’eau glacée et salée, ce qui arrête la cuisson et en plus lui permet de se regorger d’eau. »
3. UN HOMARD PEUT ÊTRE GROS ET VIEUX
À l’image des humains, les homards peuvent aussi vivre gros et vieux. En effet, le plus gros homard jamais pêché – du moins celui dont on a entendu parler – a été pris le 12 février 1977 en Nouvelle-Écosse. La bête a fait pencher la balance à 44.3 livres ce qui est non seulement troublant, mais aussi à peu près équivalant au poids d’un enfant de six ans. Pour ce qui est de leur durée de vie, un homard d’une livre et demi est âgé d’environ 5 à 7 ans, mais un homard peut vivre plus de 50 ans, si bien qu’on estime que la créature capturée en Nouvelle-Écosse devait sûrement être centenaire. Et probablement originaire de Tchernobyl.
2. LE HOMARD N’EST PAS ROUGE
En fait, il est tout sauf rouge : brun, brun-pourpre, noir, vert foncé, blanc tacheté – même bleu —, mais définitivement pas rouge. À quoi doit-on ce changement drastique de teint lors de la cuisson? C’est en 2002 que des scientifiques britanniques ont réussi à percer le secret du changement de couleur du homard. Sans trop rentrer dans les détails, disons que des protéines de sa carapace changent de forme et de couleurs à haute température, poussant le homard à virer au rouge. L’expression rouge comme un homard perd donc tout son sens, et devrait plutôt lire «rouge comme une créature ébouillantée vivante dont les molécules s’altèrent avec une chaleur soutenue et intense.» Mais bon, on avoue, ça n’a pas le même punch.
1. LE HOMARD NE SE CONSERVE PAS LONGTEMPS
Si on veut le conserver vivant, la meilleure méthode est de l’envelopper dans un linge humide et de le garder au frigo à 4 degrés. Il se conservera alors approximativement 12 heures. Note importante : Il ne faut jamais conserver un homard vivant dans un sac de plastique fermé, encore moins dans le bain ou dans le bol – même si cela peut effectivement être un tour intéressant à jouer lors d’un party mondain. Une fois cuit, on conseille fortement de le garder un maximum de deux jours au frigo, après quoi, il perd son goût et sa fraîcheur, et risque d’attirer une trollé de pélicans.

